La difficultép. 2/4
Tout le monde parle de la même chose. Personne n'utilise les mêmes mots.
Une semaine ordinaire d'auditeur IT :
| Jour | Interlocuteur | Langue parlée |
|---|
| Lundi | Le régulateur | DORA |
| Mardi | Le client | SOC 2 |
| Mercredi | Le commissaire aux comptes | Contrôle interne |
| Jeudi | Le RSSI | ISO 27001 |
| Vendredi | L'exploitation | ITIL |
Et l'auditeur ? Il prend des notes, dans cinq langues.
Pour m'y retrouver, je range ces textes en trois couches. Elles ne se concurrencent pas : elles s'emboîtent.
Le pourquoi et qui décideCOSO, normes de l'IIA, ISO 31000Ils donnent : Qui est responsable, et comment on s'assure que le dispositif fonctionne.
Il leur manque : Les contrôles concrets à tester. Parfaits pour le comité d'audit ; pour tester une habilitation, nettement moins.
Le quoi faireISO 27001 et 27002, NIST, ITIL, ISO 22301, PCI DSSIls donnent : Comment atteindre le résultat attendu, mesure par mesure.
Il leur manque : La force de la loi. Et chacun a son vocabulaire, sa numérotation et son périmètre.
L'obligationDORA, NIS2, RGPD, arrêté du 3 novembre 2014, AI ActIls donnent : Le résultat attendu, les obligations, les délais et les sanctions.
Il leur manque : Presque toujours, la façon de le vérifier. Le RGPD demande une sécurité « appropriée ». Il ne dit pas comment on le prouve.
La bonne nouvelle, c'est que ces couches ne se concurrencent pas : elles s'emboîtent. La mauvaise, c'est que personne ne fait le lien à votre place. Alors on empile les audits, et les mêmes équipes répondent aux mêmes questions à trois mois d'intervalle, sous trois numérotations différentes.
Lien manquant
Les tables de correspondance existent. Elles disent que deux références se répondent. Elles ne disent pas quoi demander, quoi tester, ni quelle preuve suffit. Ce travail-là, chaque auditeur le refait seul, mission après mission.
Exemple. La revue des droits d'accès figure dans six textes (ISO 27002, NIST 800-53, NIST CSF, PCI DSS, SOC 2, DORA, normes techniques) : six numérotations, une seule question. Les droits sont-ils revus, par qui, à quelle fréquence, et sur quelle preuve ?